mercredi 20 juin 2007

DES CHARMES DE BRATISLAVA

Direction la Slovaquie. Après une première étape en Autriche, où nous reviendrons (cf. article à venir), nous partons à la découverte de Bratislava, ce bijou encore méconnu, donc préservé.

Il existe deux Bratislava. La nouvelle ville, qui s'étend sur de vastes surfaces de constructions peu esthétiques, et le coeur historique, dans une grande mesure réservé aux piétons, et qui se partage lui-même entre un quartier pittoresque et un secteur étudiant haut en couleurs.


Bratislava mène de curiosités en surprises. On passe devant d'étonnants personnages en bronze, postés aux quatre coins de la ville et qui guettent les badauds d'un air malicieux. Puis on s'interroge longuement sur les significations des façades sculptées, on apprécie la force des traditions...

Il y a ici un réel vent de lointain. Peut-être est-ce la taille humaine de cette ville ancienne qui m'a d'emblée séduit. Peut-être est-ce le jeu quasi-théâtral de ces personnages et de ces coûtumes. C'est en tout cas un havre de paix et de douceur de vivre. De son atypique église bleue à ses ruelles aux charmes désuets, Bratislava étonne et séduit. Il faudra, un jour ou l'autre, y revenir...

Bratislava
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mardi 12 juin 2007

DE LA BIBLIOTHEQUE INTELLIGENTE


Nous voici de retour. Après une regrettable absence, due à la rédaction du mémoire et à la plongée incontournable dans le tourbillon Erasmus, c'est avec plaisir que je renoue avec le blog pour la dernière ligne droite à Berlin. Aujourd'hui, je voudrais vous montrer la bibliothèque de la Freie Universität. Comme vous pourrez en avoir un aperçu vidéo, il s'agit d'un dôme moderne et astucieusement conçu comme les deux hémisphères du cerveau humain. Au-delà de l'originalité architecturale, c'est un réel plaisir que de se laisser bercer par le silence de cet endroit atypique, apaisant et confortable.

Biblio FU
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samedi 9 juin 2007

DU SAMEDI A SCHLACHTENSEE

Un quart d'heure suffit, à pied, sans se presser. Nous arrivons au lac en suivant le flot de citadins assoiffés de fraîcheur, étouffés par le soleil et les 30 degrés de ces derniers jours. Schlachtensee, contrairement à Wannsee (à peine plus loin, cf. article du 22 mai) n'est pas une plage de sable fin. L'endroit est très apaisant et confidentiel, à tel point que nous y croisons un ancien chef d'Etat européen, en quête de repos (cf. photo "chi-chi, c'est bien lui..."). C'est un bosquet aux clairières accueillantes, où familles, couples et vieux pervers trouvent leur place.

A ce propos, un mot sur les Allemands et la nudité (cf. photo "si, si, la demoiselle sort bien de l'eau à poil"). Si nous ne nous attarderons pas, par décence, sur l'étrange tentation de la poitrine allemande moyenne, d'encercler le nombril dès la vingtaine, il est ici à déplorer un manque certain d'à propos... Que vient faire l'appareil de monsieur sous le nez de mademoiselle? Et rangeons, Madame, derrière un buisson ce qui lui ressemble... Bien sûr, au détour d'une crique on tombe nez à nez avec la perle rare. Mais elle est suivie de si près par un specimen mâle ultra-germanique (faut-il préciser qu'il avait le Reichstag à l'air?), que toute espèce de glamour abandonne la scène. Quoi qu'il en soit, on épouse la nature, on frôle à la nage les méchants cygnes, on se sent ailleurs qu'en France, ailleurs que dans une capitale, ailleurs...
Bien que l'échéance approche (plus qu'une semaine avant de rendre le mémoire), le temps n'est pas aux séances raisonnables de rédaction. On serait bien dans l'odeur des foins, on pourrait bien cueillir le raisin. Ou simplement ne rien faire, le lundi au soleil. Le soleil, justement, éclaire les retards et fait vaciller les tentations... La tête et le coeur doivent trouver leur intérêt dans un exercice qui ne correspond pas à l'ambiance alentours... Mais allons! par un ciel estival traître, un mémoire éveillera mes anciens neurones, quittera un éteint sépulcre, trouvera raison... ou pas.

mardi 29 mai 2007

DU CARNAVAL & DES CULTURES...

Dimanche. Le jour s'esquive. Derrière la blancheur des nuages, naît timidement la lueur du mois de mai qui s'achève. Déjà se prédit un soir d'orage. Les parapluies se déploient aux coins des rues festives, la clarté de l'azur prudemment s'avance.
Berlin s'ouvre au monde, ce week-end. Berlin fait honneur à son monde, à ses mondes. On sent que la ville respire, il plane comme un parfum de liberté. Derrière les chars que vous allez voir dans le film retraçant ce fameux Carnaval des Cultures, se jouent aussi les paris d'une Allemagne métissée qui valorise plus qu'elle ne brime. Ici, même si certains verraient dans le défilé un patchwork de communautés distinctes, se peaufine l'harmonie d'un seul peuple qui danse, fête et se reconnaît. Encore une fois, Berlin offre en spectacle à qui veut s'y pencher les mariages improbables dont elle est le témoin. L'assurance des uns comblant les doutes des autres, il point un doux mélange de scintillante frivolité. D'insouciance. Et on aime cette Allemagne, qui ne se drape pas de préjugés hâtifs, qui ose et qui réussit, qui mixe et qui crée sans cesse de nouvelles rencontres.
Le Carnaval des Cultures veut bien dire ce qu'il appelle de ses voeux. Un regard amusé sur les différences, une certaine autodérision pour dédramatiser ce qui, ailleurs, inquiète.
Un moment à part, donc, que ce défilé dansant. Sans compter qu'à Berlin, des Turcs qui ne coupent pas de la viande, c'est assez rare pour créer l'événement...



Carnaval des Cultures
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mardi 22 mai 2007

DES PRELUDES A LA KANIKULE

Il est ici, chose étrange, des oiseaux zélés qui fêtent le matin en chansons... dès minuit et demi. Il naît ça et là des bronzages impromptus sur des pelouses improbables. Il plane dans l'air comme un parfum léger qui invite à goûter aux douceurs printanières. Berlin sait si bien profiter du soleil.

Ces derniers jours, ce sont des températures voisines des 30 degrés qui ont rendu le far niente légitime.
C'est l'heure des barbecues, des excursions, des glaces et des après-midis à la plage (on reparlera très vite du sable chaud local).

L'heure de se croire en vacances alors qu'il n'en est rien! Comment résister au charme discret des terrasses berlinoises? Quel détour s'imposer pour éviter ces tables posées sur des graviers, entourées de nature, garnies de bières glacées? Craquer est un réflexe décomplexé, tant la chaleur impose des oasis de détente. Potsdam, Wannsee, Biergarten...

Et toujours un petit moineau qui sifflote et virevolte, tout doucement...

mardi 15 mai 2007

DE LA VISITE (2)

Ce week-end a été marqué par la visite de Nora (cf. photo "samedi soir au Barbie Deinhoff's").

L'occasion pour elle de se familiariser avec la nuit, les transports (...) et l'alimentation berlinois. Un rythme qu'elle a très rapidement pris, notamment eu égard à la soirée "cocktail bar" où elle a fait la connaissance de nos camarades allemands Alex et Rikke (cf. article "Un premier mai en tandem").

Outre le chaleureux quartier du Kreuzberg, la taille de la saucisse moyenne a impressionné notre invitée, qui a par ailleurs satisfait son désir de parler de Sauerbrat au chauffeur de taxi et ce, par ailleurs, en le tutoyant sans vergogne...
Le temps passe, nous prenons nos marques, l'étranger nous paraît moins étrange et nous semblons moins touristes aux yeux locaux. On s'approprie doucement les Q.G. des étudiants allemands; il y a des ambiances qui valent vraiment le détour.

La porte, disais-je dans un précédent article, reste ici ouverte : faites une cure de sommeil et réservez vos billets...

vendredi 11 mai 2007

DE L'ALLEMANDE (1)

J'entends dire, ici ou là: "la vie Erasmus est un régal des sens...". Soit. Mais s'en tenir là serait négliger la destination choisie... En effet, ceux qui espèrent trouver l'âme soeur à Berlin risquent fort de se heurter à un mur.
Ayant, en l'espèce, matière à démenti et souhaitant rompre le cou aux idées reçues, nous inaugurons aujourd'hui une mini-série documentaire. Ce long travail d'enquête tend à démontrer, preuve à l'appui et de manière scientifique qu'il n'y a, par ici, sacrément rien à se mettre sous la dent.
Découvrez donc, en exclusivité, le premier épisode.

L'Allemande, épisode 1
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DU GRANDIOSE PERGAMONMUSEUM

Le musée Pergamon est un must have done de la capitale. On y trouve, dans des salles aux très hauts plafonds, des colonnes de la Grèce Antique, comme des vases romains ou encore des mosaïques hors d'âge. Parmi les pièces les plus impressionnantes, une statue remontant à 2400 av. J-C.
Une seule visite ne suffit pas pour s'attarder comme il convient sur tout. Un retour au Pergamon s'imposera donc très vite, l'occasion de contempler à nouveau le Pergamonaltar (170 av. J-C), dont l'allure donne le vertige (cf. vidéo, les hautes marches de l'autel).

Le musée Pergamon
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mercredi 9 mai 2007

DU BERLIN MODERNE

On marche le long d'allées interminables. Il y a comme une impression d'éloignement de tout, comme une étrangeté à soi-même, qu'inspirent ces espaces, démesurés pour une métropole européenne. On sent bien que la ville a vécu, qu'à une époque, le temps s'est arrêté, qu'il peine encore à être à l'heure du monde. Les larges avenues et les esplanades se succèdent, telles autant d'apparentes certitudes, alors même que Berlin n'est pas sûre d'elle. La capitale semble une ado qui se cherche.
Au détour de la magistrale Potsdamerplatz, aux contours incertains, un buisson de hauts buildings rompt avec le désert urbain. Là, les foules s'agitent, les éclairages abondent. Là, le parfum d'avant-garde est bel et bien présent. L'endroit en question est le Sony Center, artifice de futurisme à quelques encâblures de la Brandeburger Tor. Sublimé de lumières, comme entre parenthèses de l'ancienne Europe, surgit fier et majestueux le monstre de modernité, outrageusement virtuose. Et, chose étrange, on s'y sent bien. La conjugaison de l'eau, des hauteurs et des nuances lumineuses bercent le visiteur dans une clairière d'harmonie. Une harmonie si rare dans la ville des contrastes. Une harmonie de dupes, donc, mais à laquelle on veut bien croire.


Sony Center et ciné 3D
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lundi 7 mai 2007

DE L'AVIS DU CIEL BERLINOIS

Au terme d'un mois quasi-estival, le lundi suivant l'élection française marque un tournant... météorologique, dans la capitale allemande!

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DU LENDEMAIN DU GRAND SOIR

La victoire a été "éclatante" et peut être savourée, de l'avis de certains, comme le fût, par les électeurs de gauche, celle de Mitterrand en 81. La presse allemande salue unanimement l'élection de Nicolas Sarkozy, un "partenaire fort", capable de "peser en Europe", estime aujourd'hui Berlin.

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samedi 5 mai 2007

DU VRAI-FAUX SUSPENSE

Drôle d'ambiance que celle qui règne en cette soirée électorale, ici à Berlin. Guère de surprise à 20h. On s'y attend tous, et pourtant tous font semblant de vivre le suspense à cent pour cent. Le pourcentage de sympathisants de gauche est, quant à lui, impressionnant dans les couloirs de l'ambassade; une tendance fidèle au vote des expatriés berlinois, majoritairement déçus, donc, ce dimanche soir. En fin de soirée, nous suivrons la minorité plus discrète des fêtards sarkozystes...

Elysée 023
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vendredi 4 mai 2007

DE LA VISITE

Nous avons eu de la visite! Caroline a offert le gîte à son amie Emma et moi-même ai eu la joie d'accueillir mon pote Tom. La semaine s'est écoulée à une vitesse indécente, nous laissant toutefois le temps de refaire le monde sur les bancs du parc, de dîner goûlument chez l'Italien voisin ou encore de longer les derniers vestiges du mur de Berlin.
Il est très agréable de mêler l'inconnu de notre séjour, aux visages familiers qui rappellent l'Hexagone. Et je veux d'ailleurs lancer une offre à qui veut l'entendre. Notre colocation ouvre ses portes à qui ne craint pas la vie en communauté et l'accent néerlandais.
Dann, Willkommen, wenn ihr wollt...

jeudi 3 mai 2007

DU DEBAT VU D'ICI

Résumons-nous. Tout au long de la campagne, nous avons assisté à la berceuse incantatoire de Mme Royal, capable de prêter à son concurrent des souhaits de guerilla urbaine. Et notre Madone en tailleur Hermès, d'enchaîner allégrement les bourdes sur des thèmes aussi sensibles que la justice chinoise, le Québec libre ou encore le fameux SMIC à 1500€ (tantôt nets, tantôt bruts, selon son horoscope du jour).

Puis, il y a eu son discours, au soir du premier tour. Nous ne reviendrons pas sur ce long tunnel de solitude, où la candidate socialiste a cru nécessaire de marquer un temps d'arrêt après chaque point, telle une maîtresse d'école en pleine dictée.
Tout, en apparence, promettait un débat de l'entre-deux-tours, à sens unique.
Et l'on n'a pas été déçu, car débat a sens unique il y a bel et bien eu, mais non dans le sens escompté. Nicolas Sarkozy, dont on ne saurait discerner la part de self-control et celle de destabilisation, a beaucoup subi, pliant l'échine à plusieurs reprises devant le manque d'élégance et de tenue de son adversaire. Ceci étant, que retenir de cet échange qui fera date dans les annales des débats de la Vème comme l'un des plus houleux? Sans doute l'opportunisme oratoire de Mme Royal. Au détour d'une remarque touchant à la place des handicapés à l'école, que n'a-t-on pas vu M. Sarkozy subir les foudres de Soeur Marie-Ségolène. "Le summum de l'immoralité politique". Allons, allons... Certes, on ne s'étonnera pas de cette caricature médiocre. Il est plus facile pour une brebis de crier au loup que pour le berger de tenir son troupeau...
Quoi qu'il en soit, l'Allemagne n'a pas manqué de commenter le débat français. Outre notre Néerlandais estimant que la France a cinquante ans de retard sur son pays et une Tchèque qui trouve que "Zégolèné é cholli", les réactions sont assez nuancées.

Si le Spiegel ne voit ni vainqueur, ni vaincu, le Frankfurter Allgemeine s'attarde davantage sur le profil des deux concurrents. Le quotidien reconnait à Sarkozy un grand talent en matière de débat d'idées et souligne la tendance "maîtresse d'école" de Royal. Mais dans le cas présent, s'étonne Jürg Altwegg dans son papier ("Die Chuzpe einer Frau"), le candidat UMP s'est conduit en "petit élève puni". Reste que, très certainement, Royal aurait mieux fait de préférer la rose aux poings...
Die Zeit se concentre davantage sur les chiffres. Retenant dès le titre que Sarkozy a été "für Franzosen überzeugender" (plus convaincant aux yeux des Français), le journaliste évoque l'électorat centriste, apparemment plus enclin à voter UMP, suite au débat d'hier soir (51%). De façon plus anecdotique, il est noté que, parmi les électeurs frontistes, 75% ont préféré la prestation de Sarkozy. "L'incident" sur la question du handicap à l'école est, quant à lui, cité brièvement.
Die Welt donne la parole à André Glucksmann. Soutien déclaré de Nicolas Sarkozy, le philosophe français ironise sur le grand écart de Mme Royal entre Bayrou et Besancenot, soulignant que le slogan "tout sauf Sarkozy" ne fournit pas à lui tout seul les clés de l'Elysée. Est aussi décriée la tendance de la socialiste à en appeler au moratoire à tout va, au lieu d'avancer ses idées propres sur le terrain des réformes.
Dans son article "Die Lust der Franzosen" (l'envie des Français), Andrea Seibel stigmatise le choix de dimanche prochain, au vu du débat dont les Allemands ont pu suivre les grandes lignes. La journaliste oppose ainsi le choix d'une "dame de coeurs en quête d'harmonie" à celui "des convictions et des prises de risques", incarné par Nicolas Sarkozy.

L'Allemagne, comme les regards étrangers de manière générale, semble prendre de la hauteur face à l'enjeu français. Naturellement, le choix d'une femme décontencerait bien peu les Allemands; Angela Merkel, que Royal a cru bon de citer en exemple -faisant passer de façon inouie le critère sexuel avant le bord politique- étant ici considérée, non comme une femme mais comme un dirigeant.

A l'occasion de l'échéance prochaine, la presse allemande s'amuse à rappeler l'arrogance et les airs supérieurs des Français. Jacques Attali, renforçant ladite impression, explique ces critiques par une jalousie du reste du Monde... Soit, mais en se justifiant maladroitement d'être femme éligible, Royal attire les moqueries sur une France affublée d'une "gauche érotique", réduite à jouer sur le genre pour faire nombre... Alors, la France: jalousée peut-être, mais vue d'ici, pas toujours en avance.
(A lire, l'interview de Martin Koopmann, "Berlin veut un président qui pèse en Europe": http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=73449).

mardi 1 mai 2007

DU PREMIER MAI EN TANDEM

Au début, c'est une légère angoisse. Une appréhension prête à céder place à la panique au premier bruit de verre cassé. Puis, bien vite en réalité, c'est un doux apaisement, suivi d'un grand sentiment de bien-être. C'est le premier mai berlinois, dans le quartier du Kreuzberg, soit le coin le plus animé de Berlin. Populaire à souhaits, haut-lieu du brassage total (jeunes et moins jeunes, punks et bébés, clodos et bobos,...), l'endroit est envahi pour l'occasion par une horde de citoyens enclins à faire la fête sans excès. La police est ici très discrète, mais bien présente, comme en témoignent les nombreux tireurs d'élite postés tout en haut des immeubles voisins. L'après-midi promet de tenir ses promesses!
Nous sommes attendus par Rikke et Alex, respectivement "tandem" de Caro et de moi-même. Le tandem est le nom donné ici aux étudiants qui souhaitent échanger sur un mode bilingue. Nos deux partenaires parlent un français très honorable et c'est à nous d'être à la hauteur...

La conversation est vite engagée. La métamorphose des quartiers berlinois, les flux migratoires post-chute du mur, les vestiges des blocs... On en vient ensuite aux comparaisons, où Paris, "fière" et "surpeuplée" s'opposerait à Berlin, "tolérante" mais "complexée".

La communauté turque est bel et bien chez elle. On ne compte plus les kebabs, köfte et autres spécialités grasses, malodorantes et... délicieuses. Les musiques varient. Ici, on entend les cordes du rock local, là on danse sur des airs orientaux, au loin, l'écho d'une mélodie d'amour: "fuck it, mother fucker". Très chantant.

Berlin est capable de tout. Cette nuit, dans ce même quartier, on arrêtait 61 personnes. Aujourd'hui, aucune trace des incidents de la veille, aucune sécurité renforcée, pas de psychose. Le respect semble aller de soi...
Les Berlinois portent sur eux, par leur look unique et leur façon d'être en société, le souhait d'assumer leur différence. Une liberté que l'on sent durement gagnée et, à l'heure des conformisations/harmonisations/banalisations, plus que jamais précieuse.

mardi 24 avril 2007

DES SOIREES (ELECTORALES) DE L'AMBASSADEUR

Le soir du premier tour est un moment à part. C'est l'heure où les petits candidats cessent de faire semblant d'y croire; leurs électeurs, de se mentir; leur programme, d'exister... A cette nuance près que, si l'on est centriste et que l'on multiplie son score par trois en cinq ans, on gagne naturellement un poids considérable sur la balance présidentielle. Quoi qu'il en soit, disait-on, la soirée électorale d'avril est toujours un grand moment. Ceux qui connaissent mon intérêt pour la politique pourront imaginer ma frustration première de ne pas pouvoir vivre ces heures si excitantes en France. Par chance, il y a, au pied de la Brandeburger Tor, une très belle ambassade de France.

On se bouscule à l'entrée, on montre ses papiers, on n'y croit pas tant qu'on n'est pas dedans. Puis, ce qui aurait été évident à Paris devient source inespéré: je vais pouvoir voir les résultats et la soirée électorale sur France 2! Caroline, Florianne et mon ami Tom, en visite à Berlin (on s'attardera sur sa venue lors d'un prochain article) sont de la partie.

La salle est de gauche, mais qu'importe! Les quelques échos français me laissent supposer un scénario attendu. Le verdict tombe donc sans grande surprise. La salle applaudit, avant d'écouter religieusement les déclarations des uns et des autres. Il faudra bien renoncer à y passer la nuit, pourtant l'ambiance est si agréable que je pourrais me cramponner à mon fauteuil comme une huître à son rocher (Rocher? Ferrero Rocher?).

Nous sortons vers 23h et longeons l'avenue Unter den Linden, tandis qu'en France, les débats continuent. La ville est calme. La ville s'en moque. Quant à nous quatre, une heure plus tard, on en parlait encore. A présent, que vienne le débat!

vendredi 20 avril 2007

DU BON USAGE DE SES MEMBRES

Le sport s'est invité dans ma vie.
C'est arrivé comme ça, un matin, me prenant au dépourvu alors que j'envisageais avec inquiétude l'étrange (et inédite) bouée qui encerclait mes abdos en béton désarmé. Je me suis dit: "mon pauvre vieux (c'est amical), tu ferais mieux d'enfiler un jogging plutôt qu'une chopine". Alors, je suis allé courir (cf. photo "mais non, je ne suis pas un tennisman"). Naturellement, les premières foulées ont été pour le moins hésitantes et le secours d'une partenaire aussi sportive que moi s'est avéré primordial. C'est tout naturellement que je me suis tourné vers Caroline! Pour cette fois, une demi-heure nous a suffi (le dîner allait être froid...).
La résidence qui nous accueille pour ces quatre mois est également pourvue d'une salle de musculation ("Fitnessraum", pour les culturistes les plus puristes). L'endroit (cf. photo "je suis venu la nuit pour ne pas déranger") est assez accueillant, la musique choisie par le coach, encourageante. Quant aux autoctones, on ne compte plus les allures de Walker Texas Ranger sur le retour, de Rüdi Voller mal dégrossi ou encore de vilain petit canard revanchard. A défaut de me placer dans l'une de ces catégories, je dois sans doute inspirer l'étonnement dans mon uniforme flambant neuf de sportif du dimanche. Naturellement, le nomadisme de machine en machine a émaillé ma première séance, dicté par cette impression persistante de faire tous les exercices à l'envers. Une impression qui n'a pas tardé a être confirmée lors de la deuxième séance. Au terme de dix minutes de tâtonnements pitoyables, tel le coup du rameur à contre-sens, un Turc au crâne rasé prénommé Emre s'approche de moi. "Kann ich vielleicht dir helfen?"...
S'en est suivie une séance de remise (de mise tout court) à niveau, doublée d'un programme hebdomadaire ad hoc. Sur les conseils de mon nouveau "coach perso", on va commencer par travailler les points urgents: les pectoraux, les abdos, les épaules, le dos, les biceps, mais aussi les triceps, le fessier, les adducteurs, les cuisses, les mollets... J'en ai pris pour quatre mois fermes, ça tombe bien, non?
En attendant, je me couche ce soir en appréhendant le réveil... Il faudra alors s'accomoder d'une démarche à la John Wayne et de minimalisme gestuel. Contrariant, pour un Italien.
Quoi qu'il en soit, les haltères, ça désaltère! J'ai même plus envie d'une bière! Je retournerai donc soulever des poids dès... bientôt. Et la prochaine fois, c'est promis, on essaie avec 250 grammes de chaque côté.

mardi 17 avril 2007

DE L'AUBERGE ALLEMANDE

Me voici installé pour de bon. C'est à croire que je m'apprête vraiment à passer quatre mois ici. Je commence à réaliser. Alors, on se laisse aller à une certaine idée de la colocation [cf. photo "Was heisst ein apéro?"]. Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, ce n'est pas exactement quelque chose qui me sied naturellement; je ne suis pas, à mes propres yeux, très "colocatable"... Mais le dépaysement est tel, ici, que tout devient plus aisément concevable, et je me surprends -moi qui me croyais "ours"- à vouloir faire la cuisine pour mes Mitbewohnern, voire même un brin de vaisselle (avec modération).

Je n'ai pas encore fait mention de notre Italienne. Répondant au prénom de Vincenza, cette jeune personne pleine d'énergie et de bonne humeur est toujours prête à regretter l'absence d'un bon café (un "vrai") ou le mauvais usage des pâtes (qui ne constituent en aucun cas, faut-il le rappeler, un accompagnement ou une garniture).

Nous sommes donc 5. Et, miracle, ça se passe bien. Notre appartement, nouvellement décoré (photos à suivre), est même en passe de devenir un Treffpunkt pour les Erasmus en manque de foyer chaleureux. Ainsi, nous recueillons quotidiennement nombre de Tchèques (ivrognes) [cf. photo "juste un doigt, pas davantage"], Polonais (décalés), Néerlandais (psycho-rigides) ou encore Bulgares (bulgares...). Quant aux Grecs, surtout les filles, on a renoncé, pour l'heure, à suivre leurs pélégrinations nocturnes dans les locaux "jusqu'auboutistes" de l'extrême Est-Berlin, ou au concert "inmanquable" de Faithless.



Il va de soi que le mélange des cultures déclenche une certaine confusion des genres et que l'allemand ambiant ressemble fort à du yaourt (surtout grâce aux Bulgares).


Vous ai-je dit que notre Néerlandais nous a cuisiné indonésien? [cf. photo "Néerlandais volant"].

Enfin, une nouvelle recrue, dans notre groupe élargi d'aventuriers germanophiles: une petite Chinoise prénommée Bailey... A n'en pas douter, un nom que nos camarades Tchèques ne risquent pas d'oublier.

vendredi 13 avril 2007

DU POIDS DES PRIX...

... ET DE LA PRISE DE POIDS.
Aie aie aie. Cela commence mal (cf. photo "évitons les jeux de mots débiles"). L'Allemagne n'est certes pas l'endroit rêvé pour envisager de perdre ses poignées d'amour, mais l'ambiance et surtout l'accessibilité des spécialités locales laisse craindre des excès de bouche dépassant l'entendement. Autrement dit, on a vite fait de s'en mettre plein la panse. Et pour pas cher. Pensez: au coeur de notre résidence, un CLUB A-18 (qui ne veut pas dire interdit aux mineurs, j'ai vérifié) propose des brocs de bière à 1€ les 30cl, ainsi que des plats gargantuesques, typiques et plutôt bons, à des prix dérisoires.

Ainsi, qui se sentirait retenu par le portefeuille au moment d'excéder se verrait aussitôt soulagé de ce dernier garde-fou et allègrement invité à l'abus. Ce que l'on se gardera bien de vivre ici, naturellement. Hier soir, des Schnitzel mit Pommes und Salat (demandez des Schni-Po-Sa) ont fait grincer plus d'une braguette autour de la table, et l'on a même surpris quelque donzelle en plein délit d'éructation. La tentation est grande, ici, de se laisser aller. Il faut bien avouer que, si le cadre bucolique se prête au footing, le fooding, lui, s'apparente à l'alcoolique (cf. photo "sept mousses, même pas la frousse").

Ajoutons à cela, pour parfaire le décor, que la surenchère alimentaire est de mise (cf. photo "famille nombreuse à nourrir"). On veut goûter et faire goûter, de sorte qu'une euphorie alimentaire ne devrait pas tarder à faire son apparition, avec son lot de concours implicite de gros bidon, façon fêtes de famille entre cousins pré-pubères.

Ah, l'Allemagne... Rigueur physique et intégrité morale? My foot.

mercredi 11 avril 2007

DES PREMIERS PAS

Nous sommes arrivés sur le campus (cf. photo "où sont les G.O.?"). Pas de clés. Jour férié... Alors, on a réveillé le lieu, un lendemain de fête, bousculé deux ou trois Grecs (pas les sandwiches, les gens) plongés dans une sommeil imbibé d'alcool pour accéder, au final, à ce qui aurait dû être la chambre de Caroline. Au bout d'un petit couloir (dont on a, d'entrée, "défoncé" la plante verte), on est finalement allés chercher le matelas de ma co-aventurière pour le traîner jusqu'à ma colocation (en attendant une autre chambre). Contrairement à la première, celle-ci n'est ni peuplée de fumeurs sévères, ni malodorante (propos à nuancer ultérieurement...), ni même composée d'un ghetto hellénique qui hurle pour dire "passe-moi l'eau gazeuse".

Il reste quand même fort à faire. Dans l'appartement tout confort ou presque, on fait la connaissance des colocataires. Michiel, Néerlandais au prénom imprononçable (cf. photo "avec et sans mir couleurs") et Florent, un grand garçon franco-allemand avec des rouflaquettes. La dernière roomate, une Italienne, doit arriver sous peu.

Deux matelas dans une chambre, peu d'échanges avec les voisins et pas mal de saleté. Si on ajoute la colonie grecque voisine dont on n'a pas fini de parler, les prochaines heures et les prochains jours promettent de grandes manoeuvres pour que la mayonnaise prenne. A suivre...

lundi 9 avril 2007

DE LA DERNIERE CENE


Tout vient à point, à qui repousse l'échéance; alors, nous y voici. Dernière nuit française.

Depuis la chambre réservée à Orly (cf. photo "c'est coquet chez vous") , je récapitule les projets berlinois avant de capituler devant leur poids: visiter, connaître, apprendre, maigrir, muscler, écrire, rester quatre mois… Quatre mois, période trompeuse, coincée entre la routine et l'éphèmère! Comment concilier le frisson du happening et le charme des vacances qui durent…

En tout cas, nous y voici. Dernière nuit en solitaire. Bientôt, des mots nouveaux se présenteront à moi, y compris en français. "Colocation", par exemple. "Vie en communauté". "Promiscuité germanique". Tout un programme… En attendant, dernière nuit d'excès. Couché à 4h après un repas "diététique et raisonnable" (cf. photo "l'adieu à la malbouffe?"). Berlin, je viens plonger dans ton bain purificateur! Pourvu que ça marche…

dimanche 8 avril 2007

DE L'ENVOL ET DU VOLANT

Un réveil en douceur pour le grand jour. Puis, rendez-vous avec Caroline (cf. photo "j'ai une bombe dans mon écharpe") à l'aéroport d'Orly. Me voici bientôt, en ce dimanche de Pâques, serré par les bras de la géante germanique.
Songez, chers amis, que Berlin est deux fois moins peuplée et huit fois plus étendue que Paris!


Le vol s'est bien déroulé, merci. Mais on aurait tort de passer sous silence l'incompétence palpable d'un guichetier au bord de la crise de nerfs pour un bagage supplémentaire en soute. Un énergumène qui trouve un sérieux concurrent en la personne d'un collègue, capable de reprendre publiquement une hôtesse dont "le ton employé pour l'annonce était trop aggressif".


A l'arrivée, le taxi nous dépose (mais est-ce vraiment de sa faute) devant l'université, et non devant notre résidence (cf. photo "surtout, restons nonchalants"). Petit moment de solitude devant la fac déserte un jour de fête, à se dire que les logements n'ont pas l'air comme sur les photos...


Bref, vous l'aurez compris, ce blog débute timidement par des remarques anecdotiques, mais se promet, soyez-en certains, de réserver à ses lecteurs, des photos, des infos et des news dignes d'être lues avec un soupçon d'intérêt...
Première nuit berlinoise. L'aventure commence.